08-14-2009, 11:38 PM
@Oliv' :
Désolé d'avoir réagi de manière aussi abrupte mais ton premier propos paraissait bien loin du deuxième.
Maintenant pour te répondre, ton propos conforte malheureusement ma position sur l'application automatique des peines. L'outil a pris une place tellement centrale dans le travail du flic en matière de routier qu'on en arrive à un scientisme dangereux.
Je n'étais pas sur place mais ça ne serait pas complètement absurde que le cruchot se soit crispé non pas parce que le conducteur était noir mais parce qu'il contestait une mesure pourtant qualifiée comme infaillible quand on est en école de police ou de gendarmerie.
Et comme trop souvent, nous avons droit à des contestations même d'évidences, je peux comprendre cette crispation.
Le problème est que nous prenons un chemin qui ne va pas vers l'humanisation de l'application des peines. Paradoxalement, c'est dû à une défiance de nos gouvernements vis-à-vis de ses fonctionnaires de la force publique... Pas assez sévères semble-t-il.
Le hic c'est que du coup, notre police devient de plus en plus une force de projection envoyée pour punir aveuglément en appliquant la Loi sans discernement et de moins en moins une police de proximité pouvant appliquer une méthode graduée et pédagogique avec sa population.
Ce n'est en rien une volonté des agents de la force publique. D'ailleurs nous sommes un des rares pays où la fronde contre cette "politique du chiffre" vient de l'intérieur tout autant que de la société civile.
Mais tant que les forces de l'ordre resteront sous tutelle politique et qu'elles seront le joujou électoraliste des partis politiques, ça ne changera pas. Et tant que les électeurs seront ouverts aux discours sécuritaires fondés sur une politique du chiffre aussi mytho qu'inefficace, nos politiques continueront sur la lancée.
Maintenant sur le racisme dans la police, il faut un peu changer de disque depuis les années 50. La police est probablement un des corps de la fonction publique ouvrant le plus son accès à toutes les origines et confessions.
Maintenant la police est à l'image de la France. Avec une France qui votent à 20% pour le FN plus tous ceux qui "admettent" être "parfois" d'accord avec Le Pen, avec une France noire des îles qui fait de la discrimination à l'entrée de ses clubs, qui tient des propos racistes via certains syndicats, etc., avec "toutes ces France", il est bien évident que tu tomberas sur des flics racistes ou xénophobes qu'ils soient Blancs, Noirs, Asiatiques ou Maghrébins, c'est statistique.
En revanche, nous sommes aussi le corps le plus surveillé de la Fonction Publique : IGS/IGPN, CNDS, Justice, Tribunal administratif... En école, nous bouffons en long en large et en travers un code de déontologie. Dessus nous avons une hiérarchie qui nous surveille et ne se gène pas pour nous fliquer sur notre "correction politique".
Alors à mon avis, tu as bien plus de chance de subir un propos raciste à la caisse d'un supermarché ou à un entretien d'embauche que pendant un contrôle de police.
Maintenant faut voir qu'en réponse, je subis régulièrement des insultes racistes et ce, de Français (rarement d'Etrangers) d'origine étrangère par des "sales from' ", "je nique ta France", "enculé de gaulois" etc.
Mais là, c'est de la liberté d'expression semble-t-il puisqu'ils ne sont quasiment jamais condamnés pour ces propos.
Et sinon sur le délit de faciès, je ne vais pas jouer l'hypocrisie. Quand je tournais en BAC, je contrôlais évidemment plus facilement un jeune des cités environnantes (que je connaissais forcément) quand il était dans une voiture de plus de 30K€ alors qu'il vivait officiellement du RMI plutôt qu'un quinquagénaire en C4 Citron vivant dans le quartier résidentiel de la ville. Et comme dans les cités environnantes sont des ghettos majoritairement noirs et nord-africains, je contrôlais mécaniquement plus de jeunes blacks que de bons Gaulois issus de la lignée directe de Vercingétorix.
Mais je contrôlais également le petit bourgeois ou le jeune Youpie en costard cravate qui tournait autour d'une cité en attendant de se faire accrocher par un "rabatteur" lui proposant shit et CC. C'est du délit de faciès probablement mais on se trompe pourtant rarement en appliquant ces méthodes.
Notre boulot est de remarquer l'insolite, l'inhabituel, l'anormal, l'improbable et l'illogique. Ca ne veut pas dire que derrière l'inhabituel il y a toujours infraction. Mais quand il y a délit ou crime, il y a toujours un comportement inhabituel du contrevenant.
Maintenant un black en costard cravate version youpie avec une voiture statutaire qui conduit sans attitude à risque, et qui ne montre aucun signe d'inquiétude quand nos regards se croisent, je ne le contrôlerai pas forcément. Même si le feeling a une grande part dans l'efficacité d'un flic... L'expérience faisant beaucoup la différence.
@Steph117 :
Mea culpa. Effectivement, je n'ai pas connu les Mesta quand j'étais en police secours donc je me rappelais de mes outils plombés et avec la pastille de la DRIRE.
Mais je te confirme que si les avocats prennent le dossier en charge, il va y avoir un paquet de procédures cassées. La Loi est claire et cette dérive de privatisation des contrôles est inquiétante et à mon avis antirépublicaine.
Ce qui est dramatique est que la privatisation de notre sécurité la plus régalienne est en marche et pas seulement pour les radars du coup.
Désolé d'avoir réagi de manière aussi abrupte mais ton premier propos paraissait bien loin du deuxième.
Maintenant pour te répondre, ton propos conforte malheureusement ma position sur l'application automatique des peines. L'outil a pris une place tellement centrale dans le travail du flic en matière de routier qu'on en arrive à un scientisme dangereux.
Je n'étais pas sur place mais ça ne serait pas complètement absurde que le cruchot se soit crispé non pas parce que le conducteur était noir mais parce qu'il contestait une mesure pourtant qualifiée comme infaillible quand on est en école de police ou de gendarmerie.
Et comme trop souvent, nous avons droit à des contestations même d'évidences, je peux comprendre cette crispation.
Le problème est que nous prenons un chemin qui ne va pas vers l'humanisation de l'application des peines. Paradoxalement, c'est dû à une défiance de nos gouvernements vis-à-vis de ses fonctionnaires de la force publique... Pas assez sévères semble-t-il.
Le hic c'est que du coup, notre police devient de plus en plus une force de projection envoyée pour punir aveuglément en appliquant la Loi sans discernement et de moins en moins une police de proximité pouvant appliquer une méthode graduée et pédagogique avec sa population.
Ce n'est en rien une volonté des agents de la force publique. D'ailleurs nous sommes un des rares pays où la fronde contre cette "politique du chiffre" vient de l'intérieur tout autant que de la société civile.
Mais tant que les forces de l'ordre resteront sous tutelle politique et qu'elles seront le joujou électoraliste des partis politiques, ça ne changera pas. Et tant que les électeurs seront ouverts aux discours sécuritaires fondés sur une politique du chiffre aussi mytho qu'inefficace, nos politiques continueront sur la lancée.
Maintenant sur le racisme dans la police, il faut un peu changer de disque depuis les années 50. La police est probablement un des corps de la fonction publique ouvrant le plus son accès à toutes les origines et confessions.
Maintenant la police est à l'image de la France. Avec une France qui votent à 20% pour le FN plus tous ceux qui "admettent" être "parfois" d'accord avec Le Pen, avec une France noire des îles qui fait de la discrimination à l'entrée de ses clubs, qui tient des propos racistes via certains syndicats, etc., avec "toutes ces France", il est bien évident que tu tomberas sur des flics racistes ou xénophobes qu'ils soient Blancs, Noirs, Asiatiques ou Maghrébins, c'est statistique.
En revanche, nous sommes aussi le corps le plus surveillé de la Fonction Publique : IGS/IGPN, CNDS, Justice, Tribunal administratif... En école, nous bouffons en long en large et en travers un code de déontologie. Dessus nous avons une hiérarchie qui nous surveille et ne se gène pas pour nous fliquer sur notre "correction politique".
Alors à mon avis, tu as bien plus de chance de subir un propos raciste à la caisse d'un supermarché ou à un entretien d'embauche que pendant un contrôle de police.
Maintenant faut voir qu'en réponse, je subis régulièrement des insultes racistes et ce, de Français (rarement d'Etrangers) d'origine étrangère par des "sales from' ", "je nique ta France", "enculé de gaulois" etc.
Mais là, c'est de la liberté d'expression semble-t-il puisqu'ils ne sont quasiment jamais condamnés pour ces propos.
Et sinon sur le délit de faciès, je ne vais pas jouer l'hypocrisie. Quand je tournais en BAC, je contrôlais évidemment plus facilement un jeune des cités environnantes (que je connaissais forcément) quand il était dans une voiture de plus de 30K€ alors qu'il vivait officiellement du RMI plutôt qu'un quinquagénaire en C4 Citron vivant dans le quartier résidentiel de la ville. Et comme dans les cités environnantes sont des ghettos majoritairement noirs et nord-africains, je contrôlais mécaniquement plus de jeunes blacks que de bons Gaulois issus de la lignée directe de Vercingétorix.
Mais je contrôlais également le petit bourgeois ou le jeune Youpie en costard cravate qui tournait autour d'une cité en attendant de se faire accrocher par un "rabatteur" lui proposant shit et CC. C'est du délit de faciès probablement mais on se trompe pourtant rarement en appliquant ces méthodes.
Notre boulot est de remarquer l'insolite, l'inhabituel, l'anormal, l'improbable et l'illogique. Ca ne veut pas dire que derrière l'inhabituel il y a toujours infraction. Mais quand il y a délit ou crime, il y a toujours un comportement inhabituel du contrevenant.
Maintenant un black en costard cravate version youpie avec une voiture statutaire qui conduit sans attitude à risque, et qui ne montre aucun signe d'inquiétude quand nos regards se croisent, je ne le contrôlerai pas forcément. Même si le feeling a une grande part dans l'efficacité d'un flic... L'expérience faisant beaucoup la différence.
@Steph117 :
Mea culpa. Effectivement, je n'ai pas connu les Mesta quand j'étais en police secours donc je me rappelais de mes outils plombés et avec la pastille de la DRIRE.
Mais je te confirme que si les avocats prennent le dossier en charge, il va y avoir un paquet de procédures cassées. La Loi est claire et cette dérive de privatisation des contrôles est inquiétante et à mon avis antirépublicaine.
Ce qui est dramatique est que la privatisation de notre sécurité la plus régalienne est en marche et pas seulement pour les radars du coup.
